melodya: Il y a une chose dont je sois sure : C'est que je ne suis sure de rien!  
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Tri Yann - La decouverte ou l'ignorance   (Comments)


ma moitié et moi même .....   (Comments)


Sorcières ! ...   (Comments)

Sorcière ? Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes - disent-ils - de folie périodique. Gonflées de révoltes fulgurantes, de colères bouillonnantes, gonflées de désirs, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages. Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et les syndicats le disent de certaines grèves, de certaines manifestations. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir.
On a voulu nous faire croire que les femmes étaient impotentes, paralysées. C’est juste qu’on voulait les forcer à marcher droit, aux pas de gymnastique, au pas de guerre, au pas de l’oie. En réalité, elles dansent, elles rampent, elles volent, elles nagent dans toutes les eaux, elles se lovent, elles se tordent, elles sautent, elles s’accroupissent, elles bondissent.
Si les sorcières s’envolent, c’est qu’elles sont légères, c’est qu’elles ne se soumettent à aucune loi qu’elles ne désirent, pas davantage à celle de la pesanteur. Un ballai ? Elles volent très bien de leurs propres forces. Peut-être, ménagères, un détournement de leur outil de travail en monture ... A peine.

Sorcières ? Parce qu’elles chantent. Je peux les entendre ainsi ? L’écoute d’une autre parole. On a voulu nous faire croire que les femmes ne savaient pas parler, écrire, qu’elles étaient bègues, qu’elles étaient muettes. C’est seulement parce qu’on voulait les forcer à parler droit, avec des mots carrés, avec des phrases rectilignes, dans l’orthodoxie. En réalité, elles chantent des berceuses, elles hurlent, elles psalmodient, elles murmurent, elles crient, elles gémissent ; elles se taisent et même leur silence s’entend.
L’épouvantable façon actuelle de discourir me surprendra toujours. Parler pour avoir raison : qu’elle idée ? En fait, pour avoir raison de l’autre. Parler pour clouer le bec à son interlocuteur. Parler pour placer quoi ? : Sa parole ? Sa verge ? Vouloir dire à tout prix quelque chose. Parler comme si la parole n’était pas vocalise, comme si elle ne résonnait pas en mille modulations, comme si elle ne se mélangeait pas à l’autre. Parler comme si la parole ne parlait pas toute seule, à travers et malgré ce vouloir-dire massacreur, colmateur.

Sorcières ? Parce qu’elles vivent. Parce qu’elles sont en contact direct avec la vie de leur corps, avec la vie de la nature, avec la vie du corps des autres.
Maintenant, nous ne vivons pas seulement à coté de nos pompes, mais à coté de notre corps, complètement à coté. Nous en ignorons tout puisqu’il y a des spécialistes pour savoir. Quand notre corps nous parle par la maladie, nous en sommes surpris, agressés, comme de quelque chose qui viendrait de l’extérieur. Nous ne le sentons pas, nous ne le contrôlons pas, nous ne recherchons pas son équilibre propre. Notre corps ne nous appartient pas. Nous ne vivons pas avec lui, mais sans lui, malgré lui et contre lui.
Les sorcières n’avaient pas de recettes miracles, elles connaissaient leurs corps, elles n’étaient pas coupées de lui, ni de la nature, ni du corps des autres. Elles laissaient passer les informations que notre corps, que la nature, que le corps des autres nous envoie constamment, elles laissaient circuler ces messages. Ainsi elles guérissaient où empoisonnaient. Rien en cela de surnaturel. Dans un contact direct, vrai, avec la nature, elles respiraient, palpaient, apprenaient chaque fleur, chaque plante, chaque herbe. Aux souffrants, elles donnaient des Solanées, plantes dites consolantes, qui calme les douleurs, elles donnaient la Belladone qui sert d’antidote à de graves maladies. Plantes qui sont aussi des poisons. Les sorcières connaissaient les doses homéopathiques, elles étaient les soignantes, les guérisseuses du peuple, elles étaient Sages-femmes, aidaient les femmes à la naissance, à la vie. Elles pouvaient aussi les aider à se libérer des grossesses non désirées, par l’avortement, par la contraception.
C’était un peu trop ! Pour l’autorité, qui ne pouvait être que religieuse, c’était un peu trop de possibilité de bonheur, de liberté, de pouvoir sur leur corps, de la part des femmes. « L’Eglise déclare, au XIVe siècle, que si la femme ose guérir sans avoir étudié, elle est sorcière et meurt. » (Michelet). Et c’est sur la mort de milliers de femmes que s’est édifiée la médecine, système masculin où un petit nombre de spécialistes, qui ont étudié dans les Ecoles, a le pouvoir de contraindre et de réprimer le corps de tout les autres. Que nous reste t-il, après cette gigantesque manœuvre qui nous a expulsés de nos corps ? Quelques remèdes dits – si justement, mais avec quel mépris ! – des remèdes de bonne femme …

Sorcières ? Parce qu’elles jouissent. On a voulu nous faire croire que les femmes étaient frigides, prudes, chastes. C’est seulement parce qu’on voulait les forcer à jouir droit, selon le modèle masculin, dans les limites masculines, en terme de conquête, de possession. En réalité, elles éclatent, leur corps entier est désir, leurs gestes sont caresses, leur odorat, leur goût, leur écoute sont sensuels. Leur jouissance est si violente, si « transgressante », si ouverte, si mortelle que les hommes n’en sont pas encore revenus. Par peur, ils ont brûlé un si grand nombre de femmes – on dit huit millions en deux siècles – qu’il faut bien reconnaître qu’ils ont tenté de faire disparaître le sexe féminin de la terre. (Sur les bûchers aussi, quelquefois, des hommes qui avaient eu le malheur de laisser vivre et parler le féminin en eux.)
Le Malleus Maleficarum, réquisitoire contre la sorcellerie, dit : « Toute la sorcellerie vient de la concupiscence charnelle qui, chez la femme, est insatiable. » Et même Freud-Le-Père a l’intelligence de reconnaître que la sensualité de la jeune fille est autrement plus grande que celle du garçon, puisque l’éducation a pour tache de la réprimer avec une si particulière rigueur, sa sensualité, donc sa curiosité sexuelle, donc son désir de savoir, de penser.
Tremblement de terre, éruption volcanique, raz de marée, la jouissance de la femme fait peur. Elle inquiète et on la mystifie, on en fait un mystère. On dit que les sorcières détenaient un pouvoir magique, en fait, il était sexuel.

Sorcière ? Parce qu’elles avaient osé vivre leur corps, vivre leur sexualité, sentir librement leur corps, parce qu’elles avaient osé jouir.


E. n’ha Sheen.


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puisque nous sommes tous des gourous !!!   (Comments)
Le culte de la Déesse ou la vie a l’endroit

La Nature était l’eucharistie de l’Ancienne Religion,
Les saisons sa liturgie,
La Forêt son temple sacré.
La Femme sa prêtresse et son ornement, sa coupe d’élixir de jouvence.
Le plaisir son action de grâce,
Le respect de l’harmonie et des lois naturelles sa pureté.
La conscience d’être une infime parcelle de l’Univers son humilité …
La fierté d’en être partie intégrante sans en rien changer, sa gloire.
Le pacte Elémentaire son honneur et sa fidélité,
Les étoiles sa lumière,
La confiance en l’Eternel Retour son Credo …



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